En quoi le yoga est-il une thérapie ?

«Le yoga enseigne à soigner ce que l’on ne peut endurer, et à endurer ce que l’on ne peut soigner» expliquait un de ses maîtres. Des études scientifiques confirment que le yoga a de nombreux atouts thérapeutiques.

Daniel L., 61 ans, qui se débat depuis des années avec de violentes douleurs inflammatoires chroniques, raconte: «Le yoga ne m’a pas guéri, mais il m’a permis de vivre sans être accablé par la maladie. C’est un médecin homéopathe qui m’a orienté vers un cours pour réduire et mieux appréhender la douleur. J’ai commencé par le Hatha Yoga puis j’ai enchaîné sur un yoga essentiellement basé sur des techniques de respiration contrôlée, le Sudarshan Kriya. Aujourd’hui, en pratiquant régulièrement, je souffre moins.»

De fait, comme Daniel, de nombreuses personnes viennent au yoga pour un problème de santé qui résiste à la médecine classique. Toutefois, le yoga n’est pas en soi une thérapeutique. Cette pratique millénaire indienne est un art bien plus total qui vise à réunir, équilibrer et apaiser le corps et l’esprit. Ses outils principaux sont les asanas (les postures), les pranayamas (les exercices respiratoires) et la dhyana (la méditation).

Une excellente prévention

La yoga-thérapie, vulgarisée essentiellement par le yogi Iyengar, en est une émanation. L’idée est simple: en maintenant ou en retrouvant l’équilibre, l’organisme est capable d’autorégulation et d’autoréparation. Voilà pourquoi le yoga a la réputation d’être une excellente pratique de prévention et un précieux adjuvant dans le traitement de nombreuses maladies.

Aussi la médecine indienne traditionnelle l’a-t-elle intégré à sa pratique il y a des milliers d’années et certains hôpitaux occidentaux l’utilisent aujourd’hui comme soin complémentaire, surtout depuis que son efficacité a été prouvée.

Début 2016, la revue allemande Aerzteblatt International a publié une synthèse sur ses effets dans le traitement des troubles mentaux. 2 644 références publiées entre 1997 et 2014 ont été épluchées. Verdict? En comparaison à l’absence de soin, le yoga agit positivement sur l’anxiété, la dépression et les troubles du sommeil. Il surpasse une simple activité physique, mais pas un traitement psychothérapeutique standard.

Il agit sur les troubles de l’attention des enfants

Une autre méta-analyse réalisée en 2014 montre que le yoga agit sur les troubles de l’attention chez l’enfant. Le yoga est également efficace en traitement d’appoint pour les douleurs et lombalgies chroniques, certains problèmes cardiaques ou le diabète de type 2. Et il pourrait réduire les symptômes et améliorer la qualité de vie des asthmatiques. Tous les auteurs insistent sur ses atouts: innocuité quasi totale, rareté des contre-indications (il faut toutefois éviter certaines postures selon sa pathologie), pratique individuelle aisée, faible coût pour le patient et la collectivité.

Toutefois, malgré ce potentiel, le yoga reste discret dans le milieu médical en France. Sans doute souffre-t-il encore de l’image désuète et erronée de pratique religieuse pour hippies en mal de spiritualité. La grande diversité de techniques et de styles joue également en sa défaveur pour une mise en pratique rationalisée. Il existe en effet plus de vingt types de yoga avec une kyrielle de postures, d’exercices respiratoires et de méditation qui se combinent à l’infini. Bonne nouvelle pour les soignants qui s’y intéressent: selon une étude récente, les bienfaits du yoga ne diffèrent pas selon le style choisi. Par ailleurs, un symposium Yoga & Santé sera organisé à Paris dans le courant de l’année.


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