Le yoga, une nouvelle thérapie ?

Cette discipline, trop souvent vue comme une mode, constitue une véritable aide pour les patients. Sa pratique a franchi la porte des hôpitaux. Qu’en dit la science ?

Chien tête en bas, cobra, salutation au soleil… le yoga, série de postures (asanas) combinées à la respiration (prayana) et à la méditation, serait bénéfique pour la santé. L’Inde, d’où cette pratique est originaire, a même convaincu l’ONU en 2015 de lui consacrer une journée mondiale, le 21 juin. En Occident, on ne compte aujourd’hui pas moins de 4.000 études scientifiques qui se sont donné pour objectif d’évaluer ses bienfaits sur la santé. Ainsi, l’équipe de Melissa Galliford du centre Genesis Cancer Care de Bunbury (Australie) vient de publier une méta-analyse sur les effets du yoga pendant un traitement du cancer du sein. Les auteurs démontrent que la pratique est associée à une meilleure qualité de vie générale, moins d’anxiété, de stress, un meilleur sommeil et un système immunitaire renforcé. Quant aux chercheurs de la Jackson State University (États-Unis), ils ont passé en revue 23 études pour montrer qu’à moyen terme, le yoga est associé à une réduction de la dépression.

ÉNERGIE. Quel est le mécanisme en jeu ? Selon des travaux de l’université de Boston (États-Unis), le yoga augmenterait le taux de neurotransmetteurs GABA qui inhibent les neurones et « calment » le cerveau (voir l’infographie ci-dessous). Mais pas seulement. Des chercheurs de l’université de Londres (Royaume- Uni) ont demandé à des volontaires de tenir des postures de yoga dites ouvertes (extension) pendant deux minutes, tandis que d’autres tenaient des postures « de pouvoir » (mains sur les hanches, assis jambes écartées…) connues pour apporter un sentiment de puissance. Tous ont ensuite évalué leur ressenti. Résultat : les postures de yoga confèrent plus d’énergie et d’estime de soi que les autres !

Il y aurait à cela une explication physiologique : les asanas insistent sur l’ouverture et le soulèvement de la poitrine qui stimulent le nerf vague. Or ce dernier part du tronc cérébral pour contrôler le système parasympathique – qui régule les rythmes cardiaque et respiratoire – et permet de ramener le calme dans l’organisme après un stress. « Cela soutient notre théorie, selon laquelle la pratique du yoga tonifie le nerf vague, explique Agnieszka Golec de Zavala, coauteure de l’article. Plus il est sollicité, plus il a la capacité d’apaiser. » Un cercle vertueux en somme.

Du yoga à l’hôpital

De fait, la pratique du yoga a franchi la porte des établissements de soins. L’hôpital Saint-Louis, à Paris, propose ainsi des séances aux femmes atteintes d’un cancer du sein. De même à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, toujours à Paris, où Bruno Fautrel, chef du service de rhumatologie, propose aussi des séances pour soulager les lombalgies (maux de dos) chroniques. « L’apprentissage de ces postures permet aux patients de percevoir la possibilité de maîtriser leur corps et leurs mouvements, explique Bruno Fautrel. C’est un élément fondamental pour faire face et reprendre le pouvoir. » Une manière aussi pour les malades de gagner en autonomie. Le spécialiste n’assimile pas pour autant l’apprentissage des postures à un soin. « C’est une hygiène de vie, mais non une thérapie.» La pratique de cette discipline peut aussi être poursuivie après la phase d’hospitalisation car « il est aisé de trouver des cours de yoga en ville ». Ce qui participe à une certaine « responsabilisation » salutaire, où la prise en charge repose un peu plus sur le patient et un peu moins sur les soignants.

Les effets positifs du yoga dans le temps :


Join event