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ESPRIT YOGA


LE FIGARO


DE PLUS EN PLUS D’HOMMES DÉCOUVRENT LES VERTUS PHYSIQUES ET MENTALES DU YOGA

Ils arrivent souvent sur le tapis pour faire plaisir à leur compagne mais découvrent peu à peu une discipline physique, le dépassement de soi et, finalement, le lâcher-prise.

• Le Figaro ÉMILIE VEYRETOUT 

Les profils diffèrent, certains assument franchement, d’autres franchissent la porte des studios timidement, mais les résultats sont là : à Paris et en province, les hommes sont de plus en plus nombreux sur les tapis de yoga. Et l’on ne parle pas de retraités, plutôt de patrons stressés, de sportifs, à la recherche d’une activité complémentaire, de quadragénaires bobos en mal d’expérience (et d’exercices). «Il y a encore deux ans, j’étais le seul garçon du cours et j’étais le professeur ! raconte Cyril Lagel, spécialiste de l’ashtanga. Désormais, j’en ai toujours au minimum deux ou trois. En général, ils commencent sous l’influence de leur compagne, le yoga devenant un liant dans le couple, mais au bout de quelques mois ils reviennent seuls. Dès lors qu’ils sont piqués, ils s’investissent plus que les femmes. Au bout de trois cours, ils prennent déjà un abonnement à l’année, se mettent à pratiquer plusieurs fois par semaine et n’hésitent pas à modifier leurs habitudes alimentaires. Découvrant assez vite que le régime steak-frites n’est pas compatible avec les salutations au soleil! C’est le bon côté de leur esprit de performance, ils veulent que ça marche tout de suite. »

L’initiation intervient souvent aux alentours de 40 ans, âge clé pour le changement comme pour le corps. Certains s’y mettent sur les conseils de leur médecin ou de leur ostéopathe, cette discipline constituant un complément idéal aux sports d’impact à la mode : le running, la boxe et le tennis peuvent à la longue abîmer les chevilles, les genoux, les épaules. « Le yoga, en renforçant tous les groupes musculaires et en offrant un gainage complet et profond, permet de prévenir les risques de blessures liées à ce type d’exercices. Il tonifie aussi le dos et les articulations », ajoute Cyril Lagel.

Pour ces messieurs, pas de mouvements trop doux ni de mantras ésotériques. Mieux vaut les séduire avec des enchaînements rapides et une façade sportive, car c’est en se défoulant qu’ils ont appris, depuis leur plus jeune âge, à lâcher prise. D’où leur préférence pour les cours de vinyasa et d’ashtanga, les plus dynamiques.

Il faut d’abord les convaincre que le yoga n’est pas qu’une histoire de souplesse. Rappelons que cette discipline a été créée par et pour eux : aux origines, sa pratique était réservée à une élite masculine. Les grands maîtres indiens (Sivananda, B.K.S. Iyengar, Bikram ou Pattabhi Jois, le gourou fondateur de l’ashtanga, qui n’autorisait pas les femmes à suivre son enseignement) sont des hommes. Les postures sont donc, en principe, adaptées à leur morphologie. Sauf que les Occidentaux en général ont les muscles, notamment des jambes, moins «laxes» que les Asiatiques, habitués à s’asseoir en tailleur. «Mes clients commencent par me dire qu’ils sont trop raides. Mais rapidement, ils parviennent à tenir les postures, reprend Cyril Lagel. Là où les femmes réussissent avec leur souplesse, les hommes s’exécutent grâce à leur puissance, la force des bras par exemple. Dans un groupe, cela crée un équilibre yin et yang fort appréciable. »

Plus sportif qu’il n’y paraît

Surtout, la résistance du corps provoque une prise de conscience : le challenge physique évolue en une bataille contre l’ego. Selon de nombreux professeurs, ceux qui font du yoga deviennent plus ouverts, plus sensibles et plus compréhensifs – à condition de persévérer. Au bout d’un an de pratique, on observe deux profils : ceux qui abandonnent car, physiquement, ils ne progressent plus et finissent par s’ennuyer, et ceux qui versent du côté spirituel. «Ils comprennent que c’est leur mental qui va les aider à se dépasser. En général, c’est là que s’effectue la bascule vers une alimentation et un mode de vie plus sains », continue Cyril Lagel. Les résultats esthétiques encouragent : le yoga gaine la taille, sculpte les muscles en longueur et élance la silhouette. Des canons corporels dans l’air du temps, loin des biceps gonflés à la fonte et du buste en V de nageur.

Dans les nouveaux studios, le décor se fait délibérément plus neutre. À Paris, dans le quartier de Saint-Germain-desPrés, Kshanti a ouvert ses portes, à la rentrée, au sein d’une ancienne église baptiste (13, rue du Vieux-Colombier, Paris VIe. Tél. : 07 70 20 89 85). Détail non négligeable, les vestiaires sont séparés. «Cet engouement va prendre de l’ampleur en France, assure Catalina Denis, la maîtresse des lieux. Les profes- seurs, des deux sexes et dans des genres très différents – le sportif, le philosophe, etc. -, facilitent l’identification. Chez nous, on parle de squats et de fentes plutôt que donner des noms en sanskrit. Je me suis largement inspirée des studios de Californie, où j’ai vécu. À Los Angeles, les centres de yoga sont remplis des équipes de Google, Snapchat, Instagram… Dans les salles, on voit des hommes de toutes les tailles, de tous les âges, de toutes les couleurs. Ils ont pris conscience qu’une heure de yoga par semaine suffisait à décupler leur potentiel. »

Sur un tapis comme dans la vie, ces messieurs n’aiment pas perdre leur temps, et certains bénéfices leur parlent plus que d’autres. Chez Kshanti, le « yoga for runners » par exemple, soixante minutes pour décompresser en accéléré, les séduit de plus en plus. Dans un autre genre, le yoga nidra, une technique de relaxation utilisée par la Nasa et par certaines armées, promet en une heure l’équivalent de dix heures de sommeil réparateur. À la fin du cours, le professeur propose de réfléchir à un «sankalpa», une résolution positive. Le dimanche soir, cette spécialité fait salle comble.

Décupler son potentiel

« Les dernières études scientifiques sur les bienfaits du yoga et de la méditation sur la santé ont clairement boosté l’intérêt des hommes, analyse Élodie Garamond, à la tête des clubs Le Tigre Yoga. Il faut se souvenir de l’image des yogis, il y a encore cinq ans ! Rue de Chaillot et à Neuilly-sur-Seine, j’ai des tas de quadragénaires qui, en sortant du bureau, ont besoin d’une soupape de décompression. Entre la pression professionnelle, l’âge, les jeunes enfants, la plupart vivent en apnée. Outre les bienfaits physiques, ils réapprennent littéralement à respirer. Très vite, leur clarté mentale est accrue, leur potentiel décuplé. Ils ouvrent la poitrine, redressent les épaules, gagnent en confiance. Depuis quelques mois, de nombreuses banques, des entreprises du CAC 40 font appel à nous pour organiser des séminaires. Il ne s’agit plus d’un phénomène de mode mais d’une réponse durable aux problématiques de bien-être au travail. »

TAYRONA LIFE


Portrait complet : https://www.tayronalife.com/blogs/yoga/portrait-de-cyril

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